Le récit de Ghazî `ilm Dîn

avril 9, 2008 at 8:22 (Uncategorized) (, , , )

Le récit de Ghazî `ilm Dîn

 

L’Inde des années 20 a été témoin de la publication d’un livre incendiaire vilipendant le Prophète Muhammad,  jetant de l’huile sur le feu de tensions qui existaient entre les Musulmans et les Hindous.

Le Raj anglais gouvernait l’Inde et la création du Pakistan était encore un  rêve lointain dans le coeur des Musulmans indiens.

La population Musulmane fut naturellement courroucée et des  manifestations se sont organisées.  Prashaad Prataab a écrit “Rangeela Rasool” [Le Prophète Haut en Couleurs], sous le pseudonyme de ‘Pandit Chamupati. Le mot “rangeela” peut signifier “plein de couleurs” mais dans ce  contexte, il signifiait “playboy”.

Rajpal était un  éditeur Hindou de Lahore. Il  prit la  responsabilité de  publier le livre en 1923 et s’engagea à ne pas  révéler le  véritable nom de l’auteur. 

Des pressions de la part de la communauté Musulmane poussa le tribunal de Lahore à tenir une audience et RajPal fut désigné coupable et fut condamné. 

Rajpal fit appel de cette décision auprès de la Haute Court de Lahore.

L’appel fut jugé par le juge Daleep Signh et donna raison sur la base du fait que la critique des leaders religieux, aussi immorale soit-elle n’est pas couverte par l’art S.153 du code  pénal indien. 

Rajpal ne fut donc pas  condamné car la loi ne prévoit rien contre les critiques  blasphématoires contre une religion. 

La  décision de la Haute Court fut très critiquée et les musulmans d’Inde protestèrent. 

L’échoppe de la famille de `Ilm Dîn fut rebaptisée après son exécution et existe toujours à Lahore.

Personne ne  soupçonnait qu’un jeune homme pouvait causer un changement dans la loi, permettant à l’Islam d’être couvert par les lois sur le blasphème.

`Ilm Dîn était un adolescent  illettré de Lahore. Son père était menuisier. Un jour, il passa près  de la mosquée Wazir Khan. Il y avait un énorme foule qui scandait des slogans contre  Rajpal. La personne qui parlait disait : “O Musulmans! Le démon  Rajpal a cherché à  déshonorer notre Prophète bien aimé avec son immonde livre. 

`Ilm Din fut vraiment affecté par ce discours  passionné et jura d’entreprendre une action. Le 6 septembre 1929,  Ilm Din partir pour le bazar et acheta un poignard pour  une Roupie. Il mit le poignard dans son pantalon et attendit en face de la boutique de  Rajpal.  Rajpal n’était pas encore arrivé. Son vol était arrivé à l’aéroport de Lahore et il allait appeler la police pour lui demander de lui assurer une sécurité.  Ilm Din ne savait pas à quoi ressemblait l’éditeur. Il interrogea  quelque passants du  Rajpal et leur dit qu’il avait besoin de lui parler.  Rajpal entra dans l’échoppe sans qu’il soit  vu mais quelque temps après, un homme alerta  Ilm Din que  Rajpal était à l’intérieur. Le jeune homme entra dans la boutique  s’avança et l’attaqua. Il planta son poignard dans le torse de  Rajpal avec une force telle que son  coeur sortit de son corps.  Rajpal tomba au sol, mort.  `Ilm  Din ne tenta pas de s’échapper. Les employés de  Rajpal se s’emparèrent de lui et crièrent à l’aide.
La police arriva sur place et  arrêta `Ilm Din. Il fut emprisonné à la prison de Mianwali. Le cas fut porté devant le tribunal et son avocat était Qaid-e-Azam Muhammad Ali  Jinnah.  Jinnah demanda à  Ilm Din de ne pas plaider coupable et de  déclarer qu’il  avait agit suite à une provocation extrême. Le fait que  `Ilm Din n’avait que 19  ans pouvait jouer en sa faveur.  `Ilm Din refusa de  plaider de la sorte et persista en affirmant qu’il était fier de son acte. Cette affaire fut la seule que  Jinnah perdit. La cour condamna  ilm Din à la peine de mort. Contre son gré, les musulmans firent appel mais l’appel fut rejeté. 

L’exécution de  `Ilm Din eu lieu le 31 octobre 1929. Lorsqu’on lui demanda s’il avait une dernière volonté, il répondit simplement qu’il voulait prier deux  rak’at de prière  surérogatoire, suivant l’exemple d’al-Khubaib qui pria deux  rak’at avant que les païens de Quraysh ne l’exécutent.

Alors que l’on posait le noeud au cou de `Ilm Din, il répéta, devant l’énorme foule : 

“O gens! Soyez témoins que j’ai tué Rajpal pour défendre notre sceau des Prophètes,  Muhammad, et qu’aujourd’hui ils vont me pendre. Je sacrifie ma vie en récitant la phrase [Shahadah - profession de foi].”

Le jeune homme fut tué et les autorités l’enterrèrent sans qu’aucune prière funèbre  ne soit accomplie sur lui. Des manifestations de masse éclatèrent et la tension entre les communautés  Musulmanes et Hindoues était palpable. Les habitants de Lahore voulurent que leur soit retourné le corps de `Ilm Din afin de lui offrir une prière mortuaire. Deux activistes célèbres - le poète  Dr. Muhammed Allamah Iqbal  et Mian Abdul Aziz - firent campagne pour que la dépouille de Ilm Din retourne à Lahore en vue de la prière mortuaire.  Les anglaisétaient inquiets quant aux troubles que cela pouvait créer. L’autorisation ne fut  accordée qu’après que ‘Allamah Iqbal ait  donné aux anglais la  garantie qu’aucune émeute n’aurait lieu.

Lorsque le corps de `Ilm Din fut  exhumé de sa tombe, il fut trouvé sans aucun seul signe de changement. Le linceul n’avait pas changé de couleur. Ceci arriva le 14 novembre 1929, 15 jours après la pendaison. Après deux jours, le corps arriva à Lahore. 200 000 Musulmans assistèrent à sa prière funèbre qui fut conduite par l’Imâm de la Mosquée Wazîr Khan, l’Imâm Muhammad Shamsuddîn.  Mawlana Zafar Ali Khan dit près de sa dépouille : “Hélas! Que n’ai-je agit pour  atteindre un tel statut!” ‘Allamah Iqbal dirigea les funérailles jusqu’au dernier jour. Au moment de placer le corps de Ilm Din dans la tombe, il déclara, les yeux pleins de larmes : “Ce jeune homme analphabète a dépassé les instruits d’entre nous.”

La mort de `Ilm Din eut de grandes répercussions. Le Code Péna fut amendé faisant de l’insulte envers une croyance religieuse une catégorie d’offense. La proposition de ‘Allamah Iqbal pour un état Musulman séparé entraîna la création du Pakistan en 1947. Le Code pénal Pakistanais qualifie de criminel “quiconque, par la parole, la représentation visible, l’imputation ou l’insinuation, directement ou indirectement, profanerait le nom du Prophète Muhammad”. En 1982, le président Zhia  ul-Haqq introduisit le chapitre 295B dans le Code Pénal Pakistanais, punissant par la prison à vie la “profanation du Quran”. En 1986, le chapitre 195C fut introduit, instituant la peine de mort pour le manque de respect envers le saint Prophète.

L’héritage de `Ilm Din est toujours visible au Pakistan ou des parcs, des hôpitaux et des routes portent son nom.

Source originale : al-istiqamah.com.

6 commentaires

  1. alistiqaamah a dit,

    avril 11, 2008 à 11:30

    Assalamu Alaikum,
    Merci beaucoup pour votre efforts de tranduire en francaise notre recit à propos Ghazî `ilm Dîn.

    Votre frères et soeurs dans Islam

  2. al-Futuhât a dit,

    avril 11, 2008 à 11:38

    Salamou Alaykoum

    No problem akhi, I like this story and I have put it in this blog. May Allah reward you for sharing this kind of glorious story and may Allah grant Ghazi Ilm Din al Jannah.

  3. alistiqaamah a dit,

    avril 12, 2008 à 11:45

    Assalaamu Alaikum,
    Would it be okay if we use this translation for our main site or blog and source it back to you?

  4. al-Futuhât a dit,

    avril 12, 2008 à 12:08

    Salamou alaykoum

    No problem akhî, it’s your text and if I can do something for you…

    You can use it and others texts. Your site is masha Allah, may Allah protect you.

  5. Pédégé Uncle Sam a dit,

    avril 18, 2008 à 2:11

    Finalement, les anglais ont “bien” exploité les différents entre musulmans et indous en inde pour asseoir leur pouvoir…heureusement qu’il y a eut Gandi!

  6. Monsieur W a dit,

    avril 18, 2008 à 6:16

    Gandhi? Il faisait partie du complot aussi…

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